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Pourquoi les abeilles meurent en si grand nombre depuis quelques années?


À chaque printemps, on entend souvent les apiculteurs parler du taux de survie de leurs abeilles. Depuis un certains nombre d'années, la problématique est de plus en plus marquée. Tandis que certains perdent environ 30% de leur cheptel à chaque année, d'autres perdre la grande majorité de leur abeilles.


Mais pourquoi les abeilles meurent en si grand nombre depuis quelques années? Bien que la question puisse sembler simple, la réponse ne l'est pas. À vrai dire, d'une ruche à l'autre, ce n'est pas toujours la même raison qui explique son extinction et fort souvent, son effondrement n'est pas le résultat d'une seule cause mais bien d'un cumul de plusieurs éléments. Toutefois, afin de simplifier le tout, nous vous présenterons les causes pouvant expliquer la mort des abeilles en 9 grandes catégories, soit:


1- L'utilisation des pesticides

2- Les parasites

3- Les pratiques agricoles

4- Les changements climatiques

5- La génétique des abeilles

6- Les maladies

7- Les prédateurs

8- Les problématiques d'entreposage

9- Les autres causes possibles


Des abeilles retrouvées mortes



1- L'utilisation des pesticides


L'utilisation des pesticides et des herbicides sur votre terrain peut nuire aux abeilles. En effet, bien que les abeilles ne soient pas les insectes que vous visez avec votre produit, elles risques fortement d'être affectées. Lorsque l'on applique un produit chimique sur des plantes ou sur notre pelouse, la pluie ou la rosée fait ruisselé le produit et les abeilles peuvent s'intoxiquées en s'abreuvant. De plus, si le produit se trouve directement sur une plante, l'abeille peut le butiner et même rapporter du pollen contaminé qui affectera la santé de toute la colonie.


De plus, l'utilisation à grande échelle en agriculture de certains types d'insecticides est des plus néfastes pour les pollinisateurs. La grande famille des pesticides systémiques, notamment les néonicotinoïdes, est l'une des causes principales de l'effondrement des colonies. Mis au point dans les années 1980, ils sont utilisés sur des millions d’hectares de grandes cultures dans le monde. De plus, d'autres types d'insecticide systémiques sont utilisés de nos jours en se targuant d'être moins nocif pour les abeilles, tel l'insecticide chlorantraniliprole. Bien que l'industrie prétende qu'ils sont moins nocif pour les insectes pollinisateurs, il n'en demeure pas moins que leur impact pour l'écosystème dans son ensemble n'est pas minime.


Des semences enrobées d'insecticides



En effet, comme il s’agit de neurotoxiques qui peuvent se retrouver un peu partout dans l'écosystème des abeilles, ces insecticides agissent directement sur le système nerveux des butineuses entraînant leur paralysie jusqu’à la mort. À faible dose, ils altèrent les capacités cognitives des abeilles qui sont désorientées et ne retrouvent plus le chemin de la ruche.


En plus de leurs effets mortels sur les insectes, les insecticides systémiques sont absorbés par toute la plante. Contrairement à d’autres pesticides qui restent uniquement à la surface de la feuille, ceux-ci sont présents des racines à la fleur et surtout dans le nectar. De plus, puisque ces insecticides enrobent les graines des plantes, les poussières de celles-ci peuvent se répandre par le vent sur de grandes parcelles lors de la période de semence. De surcroît, étant solubles dans l’eau, ils peuvent se répandre rapidement et être transportés à des kilomètres de leurs lieux d’application en temps de pluie


2- Les parasites


Depuis plusieurs années, plusieurs parasites affectent la santé des colonies d'abeilles. Le prédateur le plus féroce est sans l'ombre d'un doute le Varroa destructor. Cet acarien porte très bien son nom puisque par son action, il peut mener à l'effondrement d'une colonie.

Un varroa sur le dos d'une abeille De petits coléoptère dans une ruche Une fausse teigne



Le modus operandi du varroa est simple. Il se colle à son hôte et s'alimente à partir de son corps gras. Pendant de nombreuses années, on pensait qu'il s'abreuvait à partir de l'hémolymphe (genre de sang) des abeilles mais tout dernièrement, il a été découvert qu'il s'agissait du corps gras de l'abeille, élément essentiel à la survie des abeilles tout particulièrement pendant la période hivernale. Ce faisant, il s'agit d'une lutte de tous les instants pour détecter ce parasite dans les ruches et, d'autres parts, d'aider les abeilles à les combattre.


Un tout nouveau parasite à commencer à faire son appariation au Québec. Il s'agit du petit coléoptère de la ruche (PCR). Autant les larves que les adultes stressent les abeilles de la ruche en mangeant le pollen, le miel et même les œufs pondus par la reine.


La fausse teigne, pour sa part, cause de nombreux dommages tout particulièrement à son stade larvaire. La larve mange la cire des cadres des ruches et le pollen dans les rayons et creusent des tunnels dans le bois de la ruche.


3- Les pratiques agricoles


Comme nous en parlions précédemment, l'utilisation à grandes échelles d'insecticides a un effet néfaste sur les pollinisateurs. De plus, certaines autres pratiques agricoles affectent la santé des ruches.


Tout d'abord, les grandes monocultures affectent l'équilibre des écosystèmes et diminuent fortement les sources de nourritures disponibles pour les abeilles. Tout particulièrement lorsque l'on parle de grande culture de soya et de maïs, ces cultures ont un faible potentiel mellifère et accaparent des terres qui pourraient être une source de nourriture pour les abeilles. Dans la majorité des cas, aucune bande fleurie n'est préservée et les abeilles se retrouvent sans nourriture.


Si ce n'était pas assez, les champs en pâturage n'ont pas le temps de fournir les fleurs mellifères aux abeilles en raison du changement des techniques de coupe pour le foin et l'ensilage pour les animaux. En effet, auparavant, les gens faisait 2 coupes de foin par année et le faisait après la floraison des diverses plantes, notamment du trèfles. Maintenant, plusieurs agriculteurs procèdent à 3, voir même 4 coupes de leurs champs sans même laisser aux fleurs le temps d'éclore. Ce faisant, nos campagnes deviennent des déserts alimentaires pour nos abeilles.


4- Les changements climatiques


Les changements climatiques ont un impact sur la survie des abeilles. Tout d'abord, parlons du printemps. Au Québec, il arrive de plus en plus fréquemment que de grande chaleur arrivent, même avant le début du printemps. Lorsque les ruches sont gardées à l'extérieur, la reine se remet alors à pondre mais aucune nourriture n'est disponible dans les champs.


Si on s'attarde à l'été, les périodes de fortes chaleur et de sécheresse sont de plus en plus présentes. L'eau est essentiel au bon développement des abeilles et sans cette ressource indispensable, leur survie est mise en péril. Les fortes chaleurs favorisent également l'augmentation des cycles de reproduction de certains parasites, notamment du varroa. Ce faisant, cela affecte encore plus la survie des colonies lorsque l'hiver arrive.


Le réchauffement climatique favorise également l'établissement de nouveaux prédateurs pour les abeilles, notamment le petit coléoptère de la ruche qui ne s'établissait pas auparavant de notre côté de la frontière.


Il peut également arriver que certaines hivers, la saison s'allonge et ne permette pas aux abeilles de sortir pour refaire leur réserve. Ce faisant, si rien ne pousse et que les abeilles n'ont plus de miel et de pollen, elles peuvent mourir ne faim si un bon monitoring de leur ressource n'est pas effectué.

5- La génétique des abeilles


Bien que cela soit surprenant, les abeilles mellifères ne sont pas originaire de notre continent. Ce faisant, c'est lors de l'arrivée des premiers colons européens en Amérique que les abeilles ont fait leur introduction sur le continent, tant pour la production de miel que pour aider à la productivité alimentaire grâce à la pollinisation. Ce faisant, les abeilles ne sont pas 100% adapté à notre climat, tout particulièrement en hiver et ce, même après quelques siècles. Ce faisant, l'hivernation des colonies pour une période plus importante que dans leur lieu d'origine a un impact sur leur taux de survie, même lorsque nous prenons des précautions pour les aider à passer à travers cette période.


Plusieurs projets d'études sont actuellement en cours pour aider à la sélection de candidate reines plus résistante aux éléments afin d'aider les apiculteurs d'ici à avoir des abeilles mieux adaptés à notre réalité bien particulière.


6- Les maladies


À l'instar de l'ensemble des animaux du règne animal, les abeilles peuvent être victimes de nombreuses maladies affectant leur survie. Sans en faire une énumération exhaustive, on peut penser à la nosémose (une maladie affectant le système digestif des abeilles), à la loque européenne et américaine (qui affecte les abeilles à leur stade larvaire) et au couvain plâtré (un champignon qui momifie le couvain).


Lorsque l'une ou l'autre de ces maladies affecte une ruche, sa survie peut être mis en péril.


7- Les prédateurs


De nombreux prédateurs raffolent du miel et des produits de la ruche en général.


Un ours qui détruit un rucher Une moufette qui mange du couvain Des frelons asiatiques qui attaquent une ruche



Les ours noirs sont l'un des prédateurs qui peut faire de grand dommage à un rucher pendant la saison. Les moufettes, tout particulièrement pour leur fort appétit pour le couvain, sont aussi une menace pour les ruches.


Par chance, il n'y a pas au Québec, pour l'instant, de problématique avec les frelons asiatiques. Ces prédateurs, où ils sont présents (notamment en Asie et dans plusieurs pays européens), constitue un réel fléau pour les ruchers. Une quinzaine de frelons asiatiques peuvent être en mesure de décimer une ruche très rapidement



8- Les problématiques d'entreposage


Il arrive également que certaines colonies meurent en raison d'une problématique d'entreposage des ruches. Ce problème est particulièrement fréquents chez les apiculteurs débutants. Ce faisant, lorsqu'il y a trop d'humidité dans la ruche et qu'il y a une mauvaise ventilation à l'intérieur de celle-ci, le cocktail parfait pour la formation de moisissure est réunit. Les abeilles sont extrêmement sensible à la moisissure, ce faisant, une trop forte présence de celle-ci peut causer la perte de l'essaim.



9- Les autres causes possibles


Certains affirment que les ondes électromagnétiques pourraient également avoir un impact sur la vitalité des abeilles. Toutefois, lorsque l'on regarde la littérature scientifique actuellement établi, il n'y a pas de cause à effet clairement démontré en la matière.


Il n'en demeure pas moins que l'on doit rester à l'affût de ce qui peut affecter les abeilles qui demeurent les pollinisateur de premier plan au sein de nos écosystèmes.



Que peut-on faire pour aider les abeilles?


Après ce constat, on se demande ce que l'on peut faire pour aider les abeilles à mieux vivre. Pour trouver réponse à cette question, nous vous invitons à consulter notre article au lien suivant intitulé: 10 actions pour sauver les abeilles en danger d'extinction



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